25/11/2006

Découverte d'un nouveau perroquet

Philippines - Avril 2006
Description d'un nouveau perroquet.

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Jose G.Tello et al ont publié dans le numéro d'avril de Fieldiana, le journal scientifique du Field Museum de Chicago, la description d'un nouveau Coryllis découvert sur l'île philippine de Camiguin et nommé Coryllis (Loricule) de Camiguin (Loriculus camiguinensis). Cette espèce était autrefois considérée comme une sous espèce de Loriculus philippensis,
Le Coryllis de Camiguin est globalement vert brillant. Sa gorge et ses cuisses sont bleu brillant, et le sommet de la tête et de la queue sont orange écarlate. Les mâles et les femelles ont un plumage identique, ce qui est rare dans ce groupe de perroquets.
La description est basée sur des spécimens naturalisés du Field Muséum de Chicago et du Musée d'Histoire Naturelle du Delaware aux Etats-Unis, collectés dans les années 1960 par D. S. Rabor, soulignant ainsi l'utilité du travail scientifique sur les collections détenues dans les musées du monde entier.
L. camiguinensis était relativement facile à distinguer de L. philippensise, par son plumage plus terne notamment, ce qui confirme la tendance générale de la perte de brillance du plumage chez des populations isolées. Son envergure est de 99.8 mm.
Etant donné que L. camiguinensis n'avait pas été reconnu comme une espèce à part entière, l'étude de sa biologie et les mesures de protection ont été négligées. Des études sur le terrain seront donc nécessaires pour établir la taille de sa population et pour prendre des mesures de conservation efficaces. Le nouveau Coryllis a été observé dans les municipalités de Catarman et de Mahinog, à une altitude comprise entre 300 et 1000 m.
Après avoir pris connaissance de l'article de Fieldiana, Thomas Arndt, amateur allemand passionné des perroquets, a fait un voyage sur Camiguin pour y chercher le Coryllis; il a pu photographier des exemplaires (dont une forme bleue) et a publié ses conclusions dans le numéro d'avril 2006 (n° 4, pages 136-140) de la revue allemande Papageien (
www.papageien.de).
Dans l'article de la revue Fieldana, un nouveau rongeur nommé Apomys camiguinensis, est également décrit. Il possède de grands yeux et de grandes oreilles, une longue queue, une fourrure brun-roux et se nourrit principalement d'insectes et de graines. La description est basée sur un individu capturé sur Camiguin lors d'expéditions scientifiques conduites en 1994 et en 1995, au sommet d'un des volcans de l'île.

Situation de l'île de Camiguin
Situation de l'île de Camiguin
Camiguin est une petite île de l'archipel des Philippines, de 265 kilomètres carrés, isolée des terres voisins depuis des centaines de milliers d'années, d'où la haute différenciation de sa faune.
Le Coryllis de Camiguin et le nouveau mammifère sont présents dans le dernier vestige de forêt tropicale humide naturelle de l'île.
Lawrence Heaney, taxidermiste au Field Museum de Chicago, précise qu'au moins 54 espèces d'oiseaux et 24 espèces de mammifères habitent sur Camiguin, et que certaines de ces espèces sont uniques, ce qui souligne l'importance de cet endroit en termes de conservation et de protection des derniers lambeaux de forêts.
L'île était autrefois presque entièrement boisée, mais il ne restait plus que 18% de cette surface en 2001. L'agriculture et le peuplement humain sont responsables de cette situation. Aujourd'hui, près de la moitié de l'île est recouverte par des plantations de cocotiers.
Larry Heaney, qui est allé plusieurs fois sur Camiguin, reste étonné de la diversité des vestiges forestiers, faisant des découvertes lors de chaque expédition.
Les biologistes du Field Muséum de Chicago ont déclaré que la protection de la forêt tropicale humide de l'île était une priorité de conservation. Cela fait plusieurs années que le Field Muséum de Chicago, la Fondation Haribon, le gouvernement local, et le Philippine Department of Environment and Natural Resources combinent leurs efforts pour essayer de créer un parc national forestier.
Les forêts de Camiguin sont non seulement nécessaires pour assurer la survie du perroquet et du rongeur endémiques récemment décrits, mais aussi pour la survie de l'écotourisme qui fournit une bonne partie des revenus de l'île. En outre, les zones boisées empêchent l'érosion des terres et donc l'asphyxie des récifs de corail entourant l'île.
En février 2006, un éboulement de terrain sur les pentes dénudées de l'île avoisinante de Leyte a pratiquement anéanti le village de Guinsaugon et tué environ 1 500 habitants.

09:16 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

il est magnifique ce perroquet.
encore une merveille à plumes

Écrit par : audrey | 25/11/2006

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