06/02/2007

 Cousteau en Amazonie....

La presse du monde entier est invitée le 2 février à Cannes pour la conférence de presse. Avoir pu lui parler auparavant est un privilège rare, et un seul magazine français y a été convié. Jean-Michel Cousteau rentre ce jour-là de Manaus, en Amazonie. Il tourne actuellement deux heures de documentaire sur la faune et la flore de deux grands fleuves: le rio Negro et l'Amazone.

© Gant

Mannequin d'un jour, entre ses enfants, Fabien et Céline, vêtus de sweats de la ligne Navigator.

Pour le moment, il fait une brève escale là où il habite depuis plus de quinze ans et où il a basé sa fondation environnementale: à Santa Barbara, en Californie. Affable, il vous demande en préambule d'excuser un éventuel manque d'énergie («Trois heures de sommeil seulement. J'ai l'impression parfois de plus fréquenter les avions que les bateaux…») et commence l'entretien avec une verve qui ne se tarira pas…

La famille Cousteau se lance dans la mode?

Vous voulez rire? C'est un univers que je ne connais absolument pas et c'est le hasard qui nous a embarqués dans cette aventure. Mis à part ma fille, Céline, qui connaît quelques griffes, et le travail de certains couturiers, ni moi ni mon fils ne sommes ce qu'il est convenu d'appeler des fashion victims. Pour tout vous avouer, je ne connaissais pas Gant et j'ignorais bien sûr que cette marque née aux Etats-Unis avait été l'un des plus grands fabricants de chemises dans le monde, ni qu'elle appartient aujourd'hui à une compagnie suédoise et que ses modèles sont désormais dessinés en Scandinavie.

Comment avez-vous été approchés par Gant?

Je suis souvent sollicité, car le nom de Cousteau est un privilège extraordinaire qui vous ouvre toutes sortes de portes. Mais c'est aussi une lourde responsabilité, car ce nom est synonyme de probité et de droiture. L'équipe de Gant m'a expliqué que, l'année précédente, elle avait fait une campagne publicitaire avec mon ami Bobby Kennedy Junior, au bénéfice de sa fondation environnementale, et qu'elle voulait travailler avec moi de la même façon.

Cela ne vous gêne pas d'être associé à une marque?

Pas si les gens de cette entreprise sont sincères dans leur démarche, et bien sûr je trouve qu'il y a une certaine adéquation entre cette marque et moi-même, puisque je m'habille de façon très relax et que c'est leur style principal. Votre père avait une véritable image, avec son sempiternel bonnet rouge.

Avez-vous aussi un vêtement fétiche?

Ce bonnet, c'était son identité, sa marque de fabrique. Au début, il portait le bonnet de laine bleue dont s'équipaient les plongeurs pour se protéger sous le scaphandre, et puis un jour il a choisi un modèle rouge. Il a donné quelques interviews avec et il a vu que cela le rendait identifiable, unique, alors il en a fait son emblème, presque publicitaire. A tel point qu'il le portait aussi par 40 degrés sous les tropiques! Moi, je n'ai pas de vêtement fétiche… mais j'ai gardé l'un de ses bonnets dans mon bureau.

Entre vous et votre père, qui jugez-vous le plus coquet?

Le mot nous convient peu. Quand le commandant prenait l'avion, il se contentait d'un bagage de cabine, il avait un costume sur lui, un autre dans son sac, trois cols roulés, quelques sous-vêtements et un ou deux bonnets dont nous venons de parler. Je dirais que je suis un peu moins monomaniaque, un peu plus varié dans ma façon de m'habiller. Nous avions un point commun: éviter, autant que possible, le port de la cravate!

Quand et comment avez-vous joué les mannequins avec vos enfants pour cette campagne publicitaire?

Une équipe est venue de Suède jusqu'en Californie, chez nous, avec une série de vêtements. Il y avait plusieurs valises remplies, et nous avons consacré trois jours à faire ces photos sur un bateau, au large de Santa Barbara.

Vous étiez tenu de porter certaines pièces?

Ah non! Ils ne m'ont pas déguisé! J'ai choisi des choses qui me correspondent, des choses que je pourrais vraiment mettre dans la vie: des pantalons souples en toile, des polos, des tee-shirts… Même pour les couleurs j'ai eu mon mot à dire. Du beige, du blanc, du gris, je me sens à l'aise avec ces tons-là. Ce sont ma fille et mon fils qui ont porté des choses plus colorées, du rose ou de l'orange, qui ne sont pas vraiment ma tasse de thé.

L'équipe de Gant vous a laissé des vêtements après ces prises de vue?

Aucun. C'étaient des prototypes et ils sont repartis avec eux, pour des questions de douane aussi, je crois. Mais ils nous ont demandé si certains vêtements nous plaisaient et ils nous en ont envoyé depuis, pour nous et pour l'équipe qui travaille ici, à la fondation.

Outre les Etats-Unis, avez-vous toujours votre maison en France à Sanary et avez-vous le temps de vous y rendre?

Pas assez souvent à mon goût, mais c'est la maison de mon enfance et elle compte beaucoup pour moi. J'y ai une foule de souvenirs. Quand j'étais enfant, pour me faire de l'argent de poche, avant d'aller à l'école, j'allais pêcher des poulpes, que je vendais ensuite sur des tréteaux devant chez moi. Mon meilleur client était un policier qui m'achetait aussi les œufs que je récupérais dans notre poulailler familial. Je rêve de pouvoir installer un jour un musée consacré à la plongée sous-marine dans cette ville de Sanary.

Vous aurez 69 ans en mai prochain. Continuez-vous de plonger?

Hier encore je barbotais avec un alligator dans un affluent du rio Negro! Je suis un cinéaste, un homme d'écologie, mais avant tout un marin et un plongeur. C'est une activité que l'on peut pratiquer fort longtemps. Je me souviens d'avoir plongé avec le commandant Taillez, un équipier de mon père, le jour de ses 95 ans. Je lui ai dit: «On le fera encore pour ton centenaire», et il m'a juste répondu: «D'accord, si tu es aussi là!» Hélas, la plongée n'a pas eu lieu.

Les fonds que vous récoltez avec cette campagne publicitaire vont aller à Ocean Futures Society, votre fondation. Est-ce aussi l'occasion de mobiliser le grand public sur le thème de l'écologie sous-marine?

Bien sûr! Dire qu'il faut arrêter de traiter la mer comme une poubelle. Je ne suis porteur que d'un seul message: «Protégez les océans et vous vous protégerez vous- même».

Propos recueillis par Guillaume Crouzet

09:06 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Salut Alain et à ton équipe Bien sûr qu'il faut arrêter de prendre la mer pour une poubelle.

Pich

Écrit par : pichi | 09/02/2007

Salut Alain Ce devrait "décoiffer" ce matin, aussi j'espère que le parc n'en souffrira pas trop. Ce qui serait encore mieux c'est que la météo se soit trompée.

Bonne journée.

Pich

Écrit par : pich | 14/02/2007

Bon dimanche
Salut Alain

Bon dimanche .

Pich

Écrit par : pich | 25/02/2007

Bon week-end Alain
pour toi et ton équipe.

Pich

Écrit par : pich | 03/03/2007

Les commentaires sont fermés.