13/02/2009

Les Zo'é ont un message pour nous...

« Depuis plus de trente ans que je fouille tous les horizons du monde, je crois avoir croisé ou côtoyé une belle palette de l’humanité. Même si je suis loin d’être blasé, la vue du premier indigène venu ne me tourne plus la tête.  Mais ma rencontre avec les indiens Zo’é a été une vraie tempête mentale. Jamais certaines vérités ne me sont apparues de manière aussi évidente (…) j’ai l’impression de découvrir le royaume de l’harmonie(…)

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A me demander si cette origine de l’humanité n’en est pas une forme d’aboutissement. Le mot merci n’existe pas dans la langue Zo’é, car le partage est ici spontané. La convoitise est étrangère. L’est également son mal associé, la jalousie. ON ne demande pas, on obtient ; la solidarité est une seconde nature. On ne manque de rien, car tout est là, gracieusement, à portée de main. Il y a un équilibre rare et précieux entre besoin et satisfaction(…) Pas de cris , pas de coups, pas de précipitation, tout semble douceur, calme et mesure(…) Il émane d’eux une autre vérité, une part essentielle et authentique d’humanité, comme s’ils en étaient l’unité de mesure , la référence (..) Dans cet univers de nudité, nous mesurons combien chez nous tout est fait pour la dissimuler.  Le Je et l’ego n’ont pas de place ici, chacun apparaît tel qu’il est (…) Qu’is coupent un arbre ou capturent un pécari, les Zo’é s’excusent presque de leur geste en effectuant des rituels de conciliation(..)   (ils) ignorent le gâchis. Ils ont conscience que leur vie est entre les mains de la nature qu’ils célèbrent et n’y prélèvent que ce qu est nécessaire. Quel contraste avec notre histoire que l’on s’obstine à voir comme une libération progressive des contraintes de la nature. Un affranchissement proportionnel au bonheur (…) Les Zo’é ont la beauté de ceux qui vivent sans angoisse( …) il y a des tâches, mais pas de travail ni d’obligation. Les uns chassent ou pêchent, d’autres cuisinent,  vannent, tissent, soignent et entretiennent le foyer pendant que certains se lavent ou aiguisent les flèches. Mais ils jouent aussi, chantent, dansent, câlinent, regardent, se parent, apprennent, enseignent et souvent ne font rien, sans pour autant s’ennuyer. L’esprit divague, le visage est épanoui. Ils savent vivre le moment présent. Le temps, comme l’Amazone, se dilate dans l’infini.

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            Et nous réalisons combien de liens nous avons sacrifiés à la notion de possession(…) On prend conscience de l’absurdité de notre quotidien  régi par la satisfaction de nos désirs matériels, confondant plaisir et bonheur(..) Et nous traînons souvent derrière nous un mal être indéfinissable, le désarroi tragique de ceux que rien ne relie à rien dans un monde parfois vide de sens.

            Dans un monde où le virtuel et l’artificiel occultent le réel, les Zo’é forcent le regard vers la réalité . Cette tribu inespérée, où l’être prime sur l’avoir, nous ouvre un chemin. Notre société matérialiste sans limites n’a pas d’issue dans un monde clos. Il ya une voie nouvelle et supérieure pour une civilisation fondée sur deux règles d’or : la modération et le partage ».

 

Nicolas Hulot

23:11 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

indiens zo'é Bonjour,

Mon nom est Serge Guiraud, je suis le photographe des deux photos du montage . Il ne me semble pas avoir reçu une demande d'autorisation de oublication. Auriez-vous l'amabilité de les retirer de votre site.
Je ne veux pas que mon travail illustre les propros de Mr Hulot.
Merci de faire le nécessaire
Bien cordialement
Serge Guiraud
05.61.54.61.54

Écrit par : serge guiraud | 23/05/2009

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