15/03/2009

Un vrai spectacle magique...

UN spectacle magique, La plus grande plage de guyane est le lieu de rassemeblement de tortues marines le plus important de tout l'atlantique.

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Entre modernité et tradition, c’est le visage que nous offre la Guyane aujourd’hui ! Pour en avoir un parfait aperçu, il suffit de visiter le centre spatial guyanais à Kourou et de mettre le cap sur Awala-Yalimapo : au coeur de la plus importante communauté amérindienne de Guyane (où vivent près de 600 amérindiens appelés les Galibi ou kalinas) !

Située à une vingtaine de kilomètres de Mana, la commune, créée il y a 20 ans à partir des villages d'Awala et de Yalimapo, est surtout connue pour sa plage : la « plage des Hattes » qui abrite la ponte des tortues marines représentant l'intérêt touristique majeur de la région… à condition de ne pas louper la saison ! Elle se déroule d'avril à juin sur les 5 kilomètres de plage qui s'étendent de la pointe française jusqu’au village d’Awala et relient la Mana, bordée au nord par la pointe Isère, au fleuve Maroni qui marque la frontière avec le Surinam.

C’est probablement grâce aux formidables apports terrigènes de ces deux fleuves, deux des plus gros de Guyane, que la plage se maintient. Elle avance ou recule au gré des courants marins, mais reste la plus grande du département et surtout le lieu le plus important de tout l’Atlantique de rassemblement des tortues marines et l'un des derniers endroits au monde de ponte massive ! Environ 5000 tortues marines viennent se reproduire ici plusieurs fois dans l'année.

Les tortues Luth (Dermochelys coriacea) sont les plus connues, car les plus grosses : mesurant en moyenne 1,60 m, elle peuvent peser jusqu’à 700 kg ! Imaginez ces énormes tortues qui, fournissant un effort suscitant l’admiration, se traînent sur le sable pour trouver un abri contre les prédateurs : un spectacle émouvant ! Afin de l’apprécier au mieux, il faut venir environ 1h30 avant la marée haute et y rester 1 h après, équipé d’une petite lampe de poche… et de quoi se protéger contre les moustiques ! La tortue déposera dans son nid environ 115 gros œufs ronds et blancs qu’elle recouvrira soigneusement. Fabuleux spectacle que de voir la dextérité avec laquelle elle creuse son nid et le recouvre ensuite délicatement, avec ses nageoires arrières. Les petits éclosent après 60 à 72 jours environ. Le top départ est donné par quelques bébés qui, en sortant de leur coquille, stimulent l'éclosion des autres oeufs par vibrations.

Comme si elles savaient déjà que les prédateursvoyaient en elles l’occasion de faire un bon festin...

Les bébés Luth sortis des œufs doivent gagner la surface… il leur faut remonter 80 cm de sable ! Ils forment alors une sorte de colonne, ceux au sommet de la colonne se faufilent dans le sable en direction de la surface, et ceux de derrière suivent en tassant le sable qui dégringole entre eux. L'ascension dure 3 à 5 jours et la colonne de petites tortues monte par à-coups. On peut apercevoir les minuscules tortues émerger du sable, généralement avant 8h du matin ou après 17h mais aussi parfois dans la journée après une bonne pluie. Les bébés sortent le bout de leur bec pour mesurer la température extérieure, et si celle-ci n'est pas trop chaude, ils sortent alors du sable et traversent à toute vitesse la plage pour rejoindre l'océan, traçant un sillon derrière elles…

Car les tortues Luth ne sont pas la seule richesse de ce site. De nombreux oiseaux d’eau occupent la lagune de la ponte Isère, la mangrove abrite des hérons et des aigrettes. Des iguanes se rassemblent chaque année le long des côtes au moment de la ponte… Tous sont à l’affût des magnifiques bébés Luth… qui ne peuvent plus compter sur la protection de leur mère ! Ni même de leurs tantes : les tortues vertes, plus petites et aussi moins lourdes que les tortues Luth (environ 150 kg pour 1 m de long). On estime à environ 7000 le nombre de femelles qui viendraient pondre dans la région. Enfin, les tortues olivâtres (Lepidochelys olivacea), avec leur 40 kg et leur 70 cm de long, sont les plus petites des tortues marines de Guyane. Chassées non pour l’écaille de leur carapace mais pour leur peau utilisée en maroquinerie, elles sont aujourd’hui en voie de disparition : on en dénombre plus qu'une centaine sur toute la zone plage des Hattes.

Vanessa Attali - Parismatch.com

Mirette dans le Journal du CNRS n°230

Date de mise à jour : 4 mars 2009

 

A l’occasion de la Semaine du cerveau du 16 au 22 mars, le Journal du CNRS vous convie à un voyage surprenant au cœur des neurones. A retrouver également dans ce numéro un article sur le projet Mirette (Migration et REproduction chez les Tortues marines : Trajectoires Ecophysiologiques), mené en Guyane française par l’équipe strasbourgeoise de Jean-Yves Georges, de l’IPHC-DEPE.

Pour en savoir plus : Mirette et les tortues de Guyane

08:48 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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