01/05/2009

Dominer notre domination

 

Il faut «dominer notre domination», plaide Hubert Reeves

VALENTIN GERDIL

 

«Nous menons une guerre contre la nature. Si nous gagnons, nous sommes perdus.» C'est le message qu'a passé Hubert Reeves, hier, lors d'une conférence organisée par l'association des MBA du Québec. Invité comme conférencier, le célèbre astrophysicien s'est étendu autour de deux thèmes qu'il connaît bien et pour lesquels il a consacré presque toute sa vie : l'astronomie et l'écologie.

L'invitation n'avait rien de surprenant pour Hubert Reeves, qui a plutôt vu en elle la preuve de l'investissement de plus en plus probant des entreprises et des gouvernements en faveur de l'écologie.  «Un tournant s'est produit depuis la conférence de Bali en 2007, car on sent qu'il y a eu un passage au niveau décisionnel, a déclaré le scientifique. Le fait d'être invité par un groupe d'affaires pour faire une conférence sur l'environnement en est la preuve. Et c'est une bonne nouvelle.»

Dans un objectif de vulgarisation, Reeves a expliqué le lien existant entre l'astronomie (comment est-on venu ici) et l'écologie (comment y rester dans des conditions convenables). Pour lui, l'écologie doit faire face à un unique et immense défi. «Nous sommes plus de 6 milliards sur la planète. En 2050 nous serons près de 8 milliards. Peut-on faire vivre à 8 milliards de personnes une vie convenable sans détériorer irrémédiablement la planète?»


Le problème, selon Reeves, est la gestion de notre intelligence. D'où le retour dans l'histoire et l'explication astronomique des choses. «L'intelligence est un "cadeau" qui nous a été fait, a-t-il expliqué. Nous étions fragiles, et ce qui nous a sauvés c'est l'intelligence. Aujourd'hui, ce "cadeau" est celui qui nous menace.» 


Pas pessimiste pour autant, il persiste à croire en la possibilité d'un changement, en la possibilité d'arriver à «dominer notre domination». Et ce changement passera par une féroce détermination et l'investissement toujours plus marqué des gouvernements. Mais par ses nombreuses conférences, Hubert Reeves tient à rappeler qu'il est plus que temps de se préoccuper de problèmes comme l'émission de gaz carboniques.


Toujours dans un objectif de vulgarisation, mais également de mobilisation, le conférencier a conclu par une histoire amusante qui reflète bien, selon lui, l'étendue du problème :


«Deux planètes se rencontrent, l'une verte et rayonnante, l'autre blanche et blafarde. La planète blanche dit à l'autre :


-J'ai attrapé une maladie : l'humanité.
L'autre lui répond:


- Ah, ça! T'en fais pas, ça part tout seul!»

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18:38 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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