17/05/2009

Propriétaire de l'Amazonie ?

Les écologistes brésiliens se sont insurgés jeudi contre une nouvelle loi donnant des titres de propriété aux grands fermiers installés sur des terres depuis plusieurs décennies en Amazonie. Or, cette mesure, dans la pratique, menace la préservation de la forêt.
 
La Chambre des députés a approuvé cette loi dans la nuit de mercredi à jeudi. Le projet contesté vise à "régulariser" l'appropriation illégale de terres publiques dans la région.

 Un logo de Greenpeace
Les associations de défense de l'environnement s'insurgent
 
Pour Roberto Smeradi, directeur de l'ONG Amis de la Terre, « on est en train de privatiser la terre occupée illégalement et donc on encourage encore plus l'occupation illégale ».
 
Pour Sergio Leitao, un responsable de Greenpeace, « cette régularisation permet à celui qui a envahi la terre, en a exploité le bois, y a fait de l'élevage ou l'a louée pour y planter du soja, d'obtenir le titre de propriété pour la vendre maintenant à ceux qui investissent dans l'acquisition de terres dans la région ».

 
Une vue de l'AmazonieLe gouvernement brésilien défend ce projet
 
Le gouvernement brésilien prévoyait de donner 300.000 titres de propriété concernant environ 60 millions d'hectares, attribués dans leur majorité à l'Institut de réforme agraire (public).En Amazonie, la législation environnementale oblige un propriétaire à garder intact 80% de ses terres.
 
Le ministre de l'Environnement Carlos Minc a défendu la régularisation :
 
"Quand 300.000 personnes occupent des terres sans titre, on ne peut pas les responsabiliser ou leur infliger des amendes s'ils enfreignent la loi sur l'environnement", explique t'il à l'AFP.
 
Mais il avertit aussi que si les députés affaiblissaient encore les normes de protection de la forêt, cette régularisation des terres "serait un feu vert pour la déforestation" et "un désastre écologique de grande ampleur".
 
La loi doit encore passer devant le Sénat, où les groupes de défense de l'environnement espèrent renforcer les restrictions environnementales. 

20:53 Écrit par Alain dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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